Serrurier
Serrure multipoints certifiée A2P posée par un technicien SRI

Conseils — 6 min de lecture

Serrure A2P : ce que valent vraiment une, deux ou trois étoiles

Une étoile n’est pas une note commerciale : c’est un chronomètre. Comprendre ce que mesure exactement la certification A2P évite de payer trois étoiles là où deux suffisent — ou l’inverse.

Publié le 12 août 2026 — mis à jour le 21 août 2026

Le sigle A2P est partout sur les emballages, rarement expliqué. Il ne désigne ni une marque ni une gamme : c’est une certification délivrée par le CNPP après des essais d’effraction menés en laboratoire, et chaque étoile correspond à un temps de résistance mesuré au chronomètre. Tout le reste — le poids, le nombre de points, l’aspect massif — n’entre pas dans la note.

Ce que mesure la certification, et ce qu’elle ne mesure pas

A2P signifie Assurance Prévention Protection. La certification est délivrée par le CNPP, organisme indépendant, à l’issue d’essais normalisés : des opérateurs formés attaquent le produit avec l’outillage typique des modes opératoires réels — crochetage, perçage, arrachement, sciage, cisaillement — et le chronomètre tourne jusqu’à l’ouverture.

Le résultat s’exprime en étoiles, et une seule chose est certifiée : le temps. Une étoile équivaut à cinq minutes de résistance, deux étoiles à dix, trois étoiles à quinze. Ce ne sont pas des durées avant lesquelles rien ne peut arriver ; ce sont des durées pendant lesquelles un attaquant équipé et entraîné n’a pas réussi.

En revanche, la certification ne dit rien de la pose, ni de la porte, ni du dormant. Une serrure trois étoiles montée sur un battant de trente-quatre millimètres qui plie, ou dans un huisserie dont les gâches sont vissées dans du plâtre, ne tient pas quinze minutes : elle tient le temps que la menuiserie cède. C’est la limite la plus mal comprise de tout le système.

Pourquoi cinq ou dix minutes changent tout

Ces durées semblent dérisoires. Elles ne le sont pas, parce que le temps est la seule ressource dont un cambrioleur manque vraiment. Le bruit, la durée d’exposition sur un palier ou une façade, le risque d’être vu : au-delà de trois à cinq minutes d’effort infructueux, la très grande majorité des tentatives est abandonnée au profit d’une cible plus rapide.

C’est aussi pour cette raison que l’efficacité d’une serrure certifiée se juge en relatif, à l’échelle d’un palier ou d’une rue. Une porte qui résiste dix minutes quand les voisines cèdent en une n’est pas simplement mieux protégée : elle n’est plus le choix rationnel.

Ce raisonnement vaut aussi pour l’équipement visible. Un cylindre monté à fleur avec rosace, une gâche renforcée, un cornière anti-pince : ces éléments se lisent depuis le palier et découragent avant même l’essai.

Quel niveau pour quel logement

Il n’existe pas de bon niveau universel, mais des correspondances raisonnables selon l’exposition.

  • Une étoile : appartement en étage élevé, immeuble à accès contrôlé, porte palière peu exposée. C’est un plancher, rarement reconnu seul par les assureurs.
  • Deux étoiles : le compromis le plus courant en appartement standard, et le niveau souvent demandé au contrat pour un capital mobilier moyen.
  • Trois étoiles : maison individuelle, rez-de-chaussée, logement isolé, résidence secondaire, ou capital mobilier élevé. C’est le seul niveau que la plupart des compagnies reconnaissent sans discussion.

Serrure, cylindre, coffre : trois certifications distinctes

La confusion la plus fréquente consiste à croire qu’une porte est « A2P ». En réalité, la certification s’applique à des produits séparés : le cylindre (le barillet où entre la clé), la serrure complète (coffre, pênes, têtière), et le bloc-porte dans son ensemble pour les portes blindées certifiées.

On peut donc parfaitement avoir un cylindre trois étoiles sur une serrure non certifiée, ce qui protège du crochetage et du perçage mais pas de l’arrachement du coffre. Ou l’inverse : une serrure multipoints solide équipée d’un barillet d’entrée de gamme, qui cède au premier bumping.

Un contrôle simple : les certifications sont marquées sur les produits eux-mêmes — étoiles gravées sur la têtière ou sur la face du cylindre — et référencées sur le certificat remis à la pose. Demandez-le. Un produit réellement certifié se prouve, il ne se déclare pas.

Ce que votre contrat d’assurance exige peut-être déjà

Beaucoup de contrats multirisques habitation contiennent une clause de moyens de protection : niveau minimal de serrurerie sur la porte principale, verrouillage complet en cas d’absence, parfois protection des ouvrants en rez-de-chaussée. Elle est écrite en toutes lettres dans les conditions particulières, et elle est trop souvent découverte après le sinistre.

La sanction n’est pas systématiquement le refus : selon les contrats, l’indemnisation peut être réduite proportionnellement. Mais le principe est constant — si l’équipement exigé n’était pas en place, l’assureur peut opposer le manquement.

Le réflexe utile : relire ces deux pages avant de choisir une serrure. Il arrive que le contrat exige moins que ce qu’un vendeur recommande, et il arrive aussi qu’il exige davantage.

La pose vaut autant que le produit

Une certification obtenue en laboratoire suppose un montage conforme à la notice du fabricant : vis d’origine, gâches fixées dans le dormant et non dans l’habillage, cylindre affleurant, cornière anti-pince quand la porte est en applique.

C’est la raison pour laquelle nous refusons de poser une serrure certifiée sur un support qui ne la mérite pas sans le dire clairement au client. Poser trois étoiles sur une porte creuse revient à vendre un chiffre, pas une protection : mieux vaut reprendre le bâti, ou passer sur un bloc-porte complet.

Qui appeler pour ce type d’intervention ?

Un serrurier du réseau SRI, au 09 72 11 79 50, 24h/24, 7j/7, jours fériés inclus. Le montant vous est annoncé au téléphone avant le déplacement, et le devis est remis avant que l’intervention commence.

Voir aussi

Les pages qui traitent concrètement ce dont il est question ici, et la couverture locale correspondante.

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