Le bâti angevin à une signature matérielle que l’on ne rencontre pas partout : le tuffeau, cette pierre de tuffeau blanche extraite du Val de Loire, tendre au point de se tailler à la main. Elle donne à la ville sa clarté, mais elle se comporte différemment d’un calcaire dur au moment de percer. Une gâche à ancrage profond mal posée dans du tuffeau peut fissurer la pierre au lieu de s’y ancrer, et une porte lourde mal reprise fera travailler le tableau avant de tenir. C’est un point technique local, pas une curiosité de guide touristique.
La Maine coupe la ville sur toute sa longueur et ne se franchit qu’en quelques points : le pont de Verdun, le pont de la Basse-Chaîne, le pont Confluences. Un logement de la Doutre et un logement du quartier Saint-Serge sont proches sur une carte et séparés par un goulot d’étranglement dans la réalité. Nous annonçons donc un créneau qui tient compte de la rive, et pas seulement des kilomètres.
Le centre ancien impose ses propres règles. Autour du château, de la cathédrale Saint-Maurice et dans la Doutre, on trouve des maisons à pans de bois, des portes anciennes en bois plein et des ferrures d’époque. Tout ce qui est visible depuis la rue y est encadré : remplacer une porte donnant sur une ruelle protégée sans se renseigner expose à devoir la remettre en état à ses frais.
Autour de ce cœur, l’agglomération est largement pavillonnaire. Avrillé, Trélazé, Beaucouzé, Saint-Barthélemy-d’Anjou ou Les Ponts-de-Cé alignent des maisons individuelles avec garage, portail et baie coulissante. Le travail y est différent de celui d’un immeuble : moins de portes palières, plus de menuiseries extérieures, et une chaîne d’accès qui passe souvent par le jardin plutôt que par un hall.