Annecy n’est plus la ville d’avant 2017. La commune nouvelle réunit désormais l’ancienne Annecy, Annecy-le-Vieux, Cran-Gevrier, Meythet, Pringy et Seynod, et chacun de ces territoires à son propre bâti. On passe en quelques minutes d’un immeuble ancien à arcades de la rue Sainte-Claire à une résidence des années soixante-dix aux Teppes, puis à un pavillon savoyard de Vieugy. Un serrurier qui ne connaît qu’un seul de ces tissus se retrouve démuni sur les deux autres : la porte, le dormant et la serrure n’ont rien à voir.
La vieille ville pose une contrainte que peu de villes françaises imposent avec autant de force : dans le secteur sauvegardé, on n’accède pas à la porte en véhicule. Les ruelles autour du Palais de l’Île, du quai Perrière et des arcades se font à pied, avec l’outillage porté. Nous préparons donc la caisse en fonction de ce que le client décrit au téléphone, parce qu’un aller-retour au véhicule stationné à cinq cents mètres coûte un quart d’heure au client bloqué sur son palier.
Le bord du lac concentre un parc locatif saisonnier considérable. Entre les Marquisats, le Pâquier et Albigny, une part importante des logements change d’occupant chaque semaine en saison. Cela produit des demandes très particulières : boîte à clés dont personne ne connaît plus le code, clé unique perdue lors d’une sortie en bateau, propriétaire à trois cents kilomètres qui doit faire entrer les locataires suivants le soir même. Ce sont des urgences de calendrier autant que des urgences de serrure.
Enfin, Annecy vit à l’heure de Genève. Des milliers d’actifs partent tôt et rentrent après vingt heures par l’A41 ou l’avenue de Genève. La conséquence est mécanique : ici, le pic d’appels pour porte claquée ne se situe pas en milieu de journée mais en début de soirée, quand chacun rentre et découvre le problème. Notre disponibilité en soirée et le week-end n’est pas un argument commercial à Annecy, c’est la condition pour être utile.