Orléans n’a pas un bâti, elle en à quatre qui se côtoient. L’axe de la rue Royale et de la rue Jeanne-d’Arc a été reconstruit après 1945 selon un plan d’alignement strict, avec des arcades continues et des façades pensées comme un ensemble : les portes qui donnent sous ces arcades ne se remplacent pas librement, leur aspect extérieur relève du règlement de la rue. Le quartier Bourgogne et les abords du Châtelet, eux, ont gardé des maisons à pans de bois dont les dormants ont travaillé pendant deux siècles.
À huit kilomètres au sud, La Source forme presque une seconde ville : campus universitaire, hôpital, parc de logements des années 1960-1970, et une population qui se renouvelle chaque été. La serrurerie n’y a rien à voir avec celle de l’hypercentre — ce sont des cylindres rechangés entre deux baux, des interphones, des boîtes à clés, des trousseaux perdus en septembre plutôt que des portes anciennes à préserver.
Entre les deux, les faubourgs — Saint-Marceau au sud de la Loire, Saint-Marc, l’Argonne, les Blossières — alignent des maisons de ville et de petits collectifs des années 1930 à 1970, avec le lot classique de serrures multipoints en fin de vie et de portes de garage qui ferment mal. C’est la part la plus banale du travail, et la plus fréquente.
Enfin, le tram et la piétonnisation ont redessiné l’accès au cœur de ville. Bornes escamotables, plages horaires de livraison, rues où l’on ne stationne pas : arriver rue de Bourgogne à onze heures du matin ne se joue pas comme arriver avenue Dauphine. Nous annonçons donc un délai qui tient compte du trajet réel, pas du trajet théorique.