Nice vit au bord de l’eau, et une serrure ne s’use pas ici comme ailleurs. L’air chargé d’embruns dépose du sel sur toutes les pièces métalliques exposées : cylindre extérieur, gâche, béquille, pêne de portail. Le sel est hygroscopique — il retient l’humidité contre le métal — et il attaque d’abord les ressorts et les goupilles, les pièces les plus fines du barillet. Sur les façades du front de mer et des premières rues qui y donnent, un cylindre ordinaire commence à durcir en deux ou trois ans quand le même modèle tiendrait dix ans dans une ville de l’intérieur. La bonne réponse n’est pas de forcer la clé, c’est de choisir dès le départ une quincaillerie traitée contre la corrosion.
Le Vieux-Nice n’est pas un centre ancien comme un autre : c’est un dédale génois de ruelles étroites, en grande partie interdites à la circulation, avec des immeubles hauts et minces et des cages d’escalier où deux personnes se croisent difficilement. Concrètement, un dépannage s’y termine à pied : le véhicule reste sur le pourtour — cours Saleya, quai des États-Unis, place Garibaldi — et le serrurier finit le trajet avec sa caisse à outils. Cela ajoute quelques minutes, et nous le disons plutôt que d’annoncer un délai qui ne tient pas compte du dernier tronçon.
La ville est une destination de villégiature depuis le XIXe siècle, et son parc de logements meublés est sans commune mesure avec sa taille. Location saisonnière, résidence de tourisme, appartement de congressiste : sur ce parc, le cylindre ne change pas tous les dix ans mais plusieurs fois par an, chaque fois qu’un jeu de clés n’est pas rendu ou qu’une boîte à clés a été laissée sur la façade. C’est un métier de rotation, pas de dépannage isolé, et cela suppose de pouvoir intervenir vite entre deux séjours, souvent en plein week-end.
Enfin, Nice grimpe. La commune passe du niveau de la mer à plus de trois cents mètres sur les collines de Cimiez, du Mont Boron ou de Fabron, par des routes en lacets et des chemins privés. Sur ces secteurs, le premier obstacle n’est presque jamais la porte d’entrée : c’est le portail motorisé, le portillon ou le coffret à clés en bas d’un escalier de jardin. Nous traitons donc l’ensemble comme une seule chaîne d’accès, et nous prévoyons un créneau plus large que sur la bande littorale, parce que le trajet y est réellement plus long.